Motion du personnel de l'EPL - Conseil d'Administration du 28 novembre 2008
L'enseignement agricole subit de plein fouet depuis 2005 l'accélération de la politique de réduction des dépenses et de l'emploi public au détriment des élèves :
La réforme annoncée de la classe de seconde dès septembre 2009, bâclée dans la précipitation, préfigure la suppression, dans un premier temps, de la filière S au sein de l'enseignement agricole.
En voulant économiser sur l'enseignement dispensé aux jeunes, le gouvernement fait peser une lourde hypothèque sur leur avenir! La logique des établissements agricoles, à taille humaine, insérés dans le milieu professionnel, se heurte à une logique bêtement comptable qui considère qu'ils coûtent trop chers. Des lycées de taille raisonnable comme Quetigny sont donc voués à disparaître.
L'avenir de l'enseignement agricole public est directement lié au vote par les parlementaires du budget pluriannuel 2009-2011. Il est donc essentiel qu'ensemble, nous pesions auprès des parlementaires et du ministre de l'agriculture avant le débat budgétaire.
D'autre part, nous tenons à vous signaler la manière scandaleuse dont le ministère de l'agriculture gère son personnel et notamment ses enseignants contractuels.
A Quetigny, 2 enseignantes n'ont reçu aucune avance de traitement, sous prétexte qu'il manquait une fiche de cessation de paiement de l'employeur précédent. Ces deux personnes n'avaient jamais travaillé. Elles n'ont à ce jour encore rien reçu et assurent « bénévolement » les cours de vos enfants.
6 des 7 professeurs contractuels n'ont pas reçu de salaire à ce jour. Tous enseignent sans contrat de travail du fait de la coupable incurie gestionnaire du ministère de l'agriculture.
Nous tenons à vous rappeler l'engagement du secrétariat général du ministère et de la DGER d'intégrer dès cette rentrée scolaire, au vu des emplois du temps, les HSA dans les contrats de travail des contractuels par tranche de 10% correspondant à 2 HSA. Or les fiches de services de plusieurs contractuels n'ont pas été réalisées par le Ministère de l'Agriculture sur ces bases. Tous les agents à temps partiel ont une fiche de service à 50% + heures supplémentaires.
Pour toutes ces raisons, l'assemblée générale des enseignants du lycée agricole de Quetigny a décidé de participer au mouvement national de rétention administrative des notes : attachés avant tout à la réussite de nos élèves, nous continuerons à les évaluer, à corriger et noter leurs travaux, mais nous ne communiquerons pas les notes à l'administration. Les copies corrigées et notées seront rendues à vos enfants et vous pourrez les consulter.
Enfin, le ministère a décidé la fermeture du lycée agricole de Semur sous la douce appellation : redéploiement sur le site de Châtillon. Ceci a pour conséquence pour l'ensemble de la communauté éducative de Semur (une vingtaine de personnes) l'éloignement du lieu de travail de 60 km occasionnant une perte de pouvoir d'achat de quelques centaines d'euros par mois. Par ailleurs le redéploiement des élèves sur Châtillon est fort improbable ce qui ne manquera pas de créer des perturbations pour l'ensemble de l'enseignement agricole en Bourgogne.
Déclaration SFOERTA
"Le Lycée Agricole de SEMUR (21) devrait fermer définitivement à la rentrée 2010. Deux classes seraient encore maintenues à la rentrée 2009. Certaines classes devraient être redéployées sur le site de Châtillon sur Seine. Le contexte géographique de l'Auxois, en plein dans la "diagonale du vide", responsable de la chute démographique expliquerait ce redéploiement. L'exploitation agricole, inaugurée le 11 juillet dernier par Mr le Ministre BARNIER, devrait continuer ses activités équines". Cette décision a été annoncée au CREA de Bourgogne du 19 novembre 2008 par la DRAF, et aux personnels par l'intermédiaire du délégué régional du SFOERTA le 14 novembre 2008, contacté alors par le SRFD. Cela fut confirmé par le Proviseur du site de SEMUR le 17 novembre 2008. Cette décision a été prise par le Ministère le 29 octobre 2908. Aucune réunion, aucun calendrier de concertation avec les personnels du site n'ont été fixés. Le CA prévu initialement le 20 novembre 2008, devait entériner cette décision! Il est pour l'heure reporté au 05 décembre 2008.
Le SFOERTA s'est élevé contre cette fermeture lors du CREA, et y a rappelé les lourds investissements du Conseil Régional de Bourgogne, comme la nécessité de toujours répondre à certaines missions de l'enseignement agricole public : la garantie aux apprenants, en particulier des zones rurales sensibles, d'une offre de formation, et de contribuer à l'animation de ces territoires qu'il faut "revitaliser". Sur ce dernier point, le SFOERTA s'est d'ailleurs appuyé, au CREA, sur la note de service de préparation de la rentrée 2009...
Le SFOERTA continue à dénoncer cette décision précipitée sans concertation avec les personnels qui ont le sentiment d'être méprisés.
Le SFOERTA compte bien soutenir cet établissement, et va proposer aux autres organisations régionales la mise en oeuvre d'actions régionales et nationales. Cet article d'information sur notre site est une étape.